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Sur le bois du bateau meurtri restent les traces d'une splendeur presque passée, celle des couleurs fabuleuses en invitation au voyage, les carnations des rayons caressants qui éblouissent, de safran, de curry, ce bleu incomparable des souvenirs méditerranéens et des mers sous les tropiques, de reflets verts synonymes d'immensités, de profondeurs infinies en lumières salées sous l'astre éclatant, les sombres des rougeoiements crépusculaires qui n'en finissent plus de coucher ce soleil admirable, flotteur qui s'attarde, au-delà de l'infini des horizons lointains… la rouille est là pourtant, versant ses larmes avec le temps de l'oubli laissant les rêves de départs échoués sur des sables éternels, creusant les rides intenses des soupirs sur une coque délaissée… (Ariane Wolteche) |
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Le bois flotté, trouvaille d'un éternel ressac et cloué en écrin, en avirons échoués encadre les lettres semées maladroitement embouteillées comme des traces enfantines sur un amour sans âge, celui de la mer et des terres qu'elle encercle depuis la nuit des temps et que l'on regarde au travers de cette fenêtre ouverte sur le sillage du monde par les vitres à petits carreaux, frappés d'évidence au-delà du message, remettant les alphabets à l'envers pour refaire ce monde en rêve avec le puissant parfum des algues et les traces laissées par les mouettes aux cris de détresse et d'agonie dans un ciel si bleu, si délavé, si incroyablement beau dans ses échos de vagues aux blancheurs d'écume dont le vent nous ramène les embruns collant le sel en cadeau partout où il passe… (Ariane Wolteche) |
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Les empreintes presqu'épaves d'un vécu griffé, lacéré, patiné en cicatrices par les affres et stigmates du temps et des intempéries inlassables sur ce canot impossible fascinent tout comme les traces sur un visage parcheminé par le soleil impitoyable et les vents implacables, buriné par la vie lorsque les années ont creusé leurs sillons de peines et de pleurs, de petits bonheurs passés aussi comme ces chaleureuses couleurs mélangeant désormais leur palette chatoyante aux innombrables coulures de rouille laissées par le sel des larmes, celui que la mer sanglote lorsqu'elle engloutit ses hommes tout au fond des sombres abîmes que le noir souligne, faisant de ses eaux le linceul mouillé de tant de vies perdues dont le regard ne se reflètera plus sur la beauté des esquifs les jours de mer calme ou de prise miraculeuse… (Ariane Wolteche) |
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Au travers des incandescences des marées de couleurs l'immensité des brumes donnent le ton en brises éparses… le départ est pour l'ailleurs, la préparation a été maintes fois répétée, repeinte et répertoriée, tout a toujours été en ordre, si ce n'est qu'on n'a là que le reflet en miroir de ce que cette embarcation représentait il y a peu encore, yacht imaginaire en dérive… à présent cette fatigue guette réclamant la rescousse, ses blessures ne sont qu'en surface, mais elle pourrait fort bien agoniser lentement en guet-apens si personne ne l'aidait à s'éveiller à nouveau, à se parer des plus beaux atours, à masquer les ultimes vestiges d'une gloire passée dont tant de souvenirs pourtant enrichissent ses bois autrefois si précieux… elle porte son histoire dans les trainées de ses peintures de guerre et n'acceptera jamais d'être laissée pour compte, remisée en arrière, oubliée en calle sèche sans plus la caresse des vagues sur ses flancs… le voyage l'appelle ! (Ariane Wolteche) |